Header Ads

Header ADS

La folklorisation du Folklore

La folklorisation arme contre le folklore

 Si le folklore est la culture du peuple,la folklorisation est l'arme de l'isoler de sa culture.
C'est un paradoxe cruel : en voulant "sauver" ou célébrer une culture, on finit parfois par l'étouffer. Si le folklore est la sève vivante d'un peuple, la folklorisation peut se transformer en une arme redoutable contre l'authenticité qu'il prétend protéger.
 
1. Du "Vécu" au "Spectacle" 
La Folklorisation 
Le folklore est, par définition, organique. Il existe parce qu'il remplit une fonction sociale, spirituelle ou utilitaire au sein d'une communauté.
Le glissement : La folklorisation transforme un rite (vécu de l'intérieur) en une performance (observée de l'extérieur).
La conséquence : Le sens profond s'efface derrière l'esthétique. On ne danse plus pour appeler la pluie ou célébrer une moisson, mais pour satisfaire l'objectif d'un appareil photo ou le programme d'un festival de tourisme.
 
2. La "Muséification" : Fixer ce qui doit évoluer
 Une culture qui ne change plus est une culture morte. Le folklore authentique est une matrice plastique qui s'adapte aux époques.
L'arme du figement : La folklorisation impose des standards rigides. On décrète qu'un costume "authentique" doit être exactement comme celui de 1850, interdisant toute innovation.
Le danger : En empêchant le folklore de digérer la modernité, on le transforme en anachronisme. Il devient une relique que les jeunes générations finissent par rejeter car elle ne résonne plus avec leur réalité.
 
3. Le Réductionnisme et le Cliché
Pour être "vendable" ou exportable, la culture complexe d'un peuple est souvent simplifiée.
L'appauvrissement sémantique : On ne retient que les traits les plus saillants ou les plus "exotiques". On gomme les nuances linguistiques, les variantes régionales subtiles et les aspects les plus sombres ou complexes de l'histoire pour ne garder qu'une version "lisse" et colorée.
L'identité-caricature : Le peuple finit par être piégé dans sa propre caricature, obligé de jouer le rôle que l'observateur extérieur attend de lui.
 
4. La Déterritorialisation
Le folklore est intrinsèquement lié à un territoire et à une langue.
La rupture : La folklorisation déconnecte la pratique de son sol. Lorsqu'un chant de labour est interprété sur une scène de capitale, il perd sa résonance avec la terre et le rythme du travail réel.
L'aspect philologique : Les mots eux-mêmes, les racines des termes utilisés dans les contes ou les proverbes, perdent leur lien avec les réalités matérielles (outils, topographie, climat) qui les ont vus naître.
Conclusion : Restaurer n'est pas Folkloriser
 
La différence entre la préservation et la folklorisation réside dans l'intention.
Restaurer (que ce soit une archive photo, une structure architecturale ou un lexique oublié), c'est redonner de la lisibilité à un héritage pour qu'il puisse à nouveau nourrir le présent.
Folkloriser, c'est créer une façade décorative qui cache l'érosion de la transmission réelle.
L'arme fatale de la folklorisation est de faire croire que la culture est sauve alors que son âme fonctionnelle a disparu. Le véritable folklore ne se regarde pas : il se pratique, se parle et se transforme.
 
Idles Amazigh 

Aucun commentaire

Azul !

Fourni par Blogger.