Education :Les gardiennes de notre mémoire

Mères amaziɣs : vous êtes les premières gardiennes de notre mémoire

C’est dans le creux d’un berceau, entre un chant et un sourire, que naît une identité. Et c’est souvent vous, femmes amaziɣ, qui offrez à vos enfants leur première langue, leur premier conte, leur première racine. Mais savez-vous à quel point ce que vous transmettez est précieux ?

Famille Amaziɣ
Depuis toujours, la femme amaziɣ est la première éducatrice . Elle n’a pas besoin d’un tableau noir ou d’un diplôme pour enseigner. Ses mains tissent des savoirs aussi anciens que les montagnes du Haut-Atlas. Sa voix porte des récits qui ont traversé des générations. Et ses bras, parfois fatigués mais toujours tendres, serrent contre elles non seulement des enfants… mais une histoire entière.

Pourtant, dans un monde de plus en plus rapide, globalisé, uniforme, il arrive que cette transmission soit mise à l’épreuve. On se dit parfois : « À quoi bon parler tamaziɣt à mon enfant, s’il apprendra mieux l’arabe ou le français à l’école ? ». Mais c’est là toute l’erreur.

Parler tamaziɣt à son enfant, ce n’est pas lui donner une langue parmi d’autres. C’est lui offrir un lien avec ses origines , une vision du monde unique , une culture forte et riche . C’est lui dire, dès les premiers mots, qu’il vient d’un peuple fier, ancien, résistant. Et que cela a de la valeur.

Enfants Amaziɣ
Les contes, les proverbes, les chansons berbères ne sont pas simplement des souvenirs de nos grands-parents. Ils sont des outils de sagesse, de discipline, d’amour. Quand une mère raconte à son enfant l’histoire du renard rusé ou de la fille courageuse, elle ne divertit pas — elle éduque . Elle enseigne le bien, le respect, la persévérance, la solidarité.

Et quand elle choisit de nommer son enfant Dihya, Idir, Tafat ou Ithri sans céder à la pression de noms étrangers, elle affirme encore une fois : « Je suis fière d’être qui je suis, et je veux que mon enfant le soit aussi. »

Mais attention : il ne s’agit pas ici de rejeter autre chose que l’amaziɣ. Il s’agit de ne pas oublier , de ne pas laisser filer entre nos doigts ce qui fait notre singularité . Parce que grandir bilingue, c’est grandir riche. Grandir fier, c’est grandir fort.

Vous, mères amaziɣ, vous êtes les premières gardiennes de votre culture. Ne laissez personne vous convaincre que ce que vous transmettez est inutile. Vos chants sont des livres. Vos mots, des racines. Vos gestes, des traditions.

Alors continuez à parler, à chanter, à raconter. Parce que si aujourd’hui on oublie de transmettre, demain il sera trop tard.

Et ce sont vos enfants qui vous diront merci. 


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