La souris et le chameau, conte touareg
De la souris et du chameau lequel est le plus sage ?
La fable que disent les conteurs du désert nous en apprend beaucoup sur le
monde animal… La souris est habile, rusée, rapide, intelligente. Elle glisse
entre les mains de l’homme et s’insinue chez lui sans qu’il s’en aperçoive. Elle
grignote son pain, son fromage, ses objets, son matelas, son lit, et lui ronge
la vie. L’homme lui tend des pièges, qu’elle joue à déjouer. Alors l’homme
tempête tandis que la souris, impertinente en diable, provoque, nargue et
panique la maîtresse de maison qui saute d’un pied sur l’autre en poussant de
grands cris. Pour cette simple malice souvent accorde-t-on au petit animal un
regard attendri voire un peu amusé tant son dévergondage la présente finaude,
ficelle, souvent brillante… et pourtant… !
Le chameau, lui plutôt, grand animal placide, s’il impose
le respect, c’est pour ses qualités d’endurance, de force
et de robustesse. Il a ce grand pouvoir de vivre des jours sans manger et sans boire en marchant au soleil harassant du désert, un pied devant l’autre, obéissant à l’homme, sans jamais rechigner. Le chameau est fidèle, serviteur dévoué, mais jamais on ne dit qu’il est fin ou futé, qu’il a de la malice ou de la malignité… et pourtant… ! Une souris, fuyant l’homme, sauta sur un chameau et, imitant son maître, fit claquer sa langue, fouetta les deux bosses, lui intimant l’ordre de se lever et d’avancer. Le chameau ne dit mot, et ébranla l’équipage.
et de robustesse. Il a ce grand pouvoir de vivre des jours sans manger et sans boire en marchant au soleil harassant du désert, un pied devant l’autre, obéissant à l’homme, sans jamais rechigner. Le chameau est fidèle, serviteur dévoué, mais jamais on ne dit qu’il est fin ou futé, qu’il a de la malice ou de la malignité… et pourtant… ! Une souris, fuyant l’homme, sauta sur un chameau et, imitant son maître, fit claquer sa langue, fouetta les deux bosses, lui intimant l’ordre de se lever et d’avancer. Le chameau ne dit mot, et ébranla l’équipage.
La souris orgueilleuse, certaine de son pouvoir, fit des
bonds de fierté sur la montagne de poils.
Arrivé sur les bords d’un tout petit ruisseau, le chameau
demanda à la souris de descendre, de passer devant lui, le tenir par la bride
afin de le guider.
— Souris, mon chamelier, montre-moi donc la route.
Je ne suis que monture. Toi tu sais le chemin.
— C’est que… dans ce ruisseau… je crains de me
noyer !
Alors le chameau dit :
« Tout seul, jamais je ne l’ai fait. Je veux bien
aujourd’hui pour toi, essayer. »
Et il mouille ses pieds en déclarant que l’eau n’est pas
profonde, et qu’elle n’atteint même pas le bas de ses jarrets.
— Oui, mais, dit la souris, ce qui pour toi est
minuscule devient pour moi montagne, et la puce qui te pique est pour moi
éléphant des tropiques. Ce qui est filet d’eau pour toi, devient pour les
souris un océan furieux. Je ne puis te guider.
— Alors, dit le chameau, cesse de faire la fière,
descends de ta monture pour réfléchir au moyen d’échapper à l’homme qui te
poursuit et que je vois venir.
— Pardon, dit la souris, je t’offre à genoux mille
prières pour me faire traverser. J’irai par les monts et les dunes chanter tes
louanges et dire que le chameau est le plus sage des animaux.
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Azul !