La question de l'identité
La question de l'identité : du Sujet à l'Objet
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| Idendité sujet / objet |
C'est la question de la « conscience en crise » qui transforme l'identité d'une « valeur existentielle » en un « outil fonctionnel ». C'est la question de l'aplatissement culturel, celle d'un être humain qui a perdu son centre existentiel et qui a commencé à se voir à travers le « miroir de l'Autre ». Il s'imagine que pour être « utile » ou « évolué », il doit changer de peau, sans réaliser que l'arbre dont on coupe les racines ne devient pas un pilier de construction, mais finit en bois mort.
Pragmatisme vs Utilitarisme superficiel
Le pragmatisme, en tant que philosophie, considère que la vérité est ce qui a un effet pratique dans la vie. Cependant, il reconnaît que la stabilité psychologique, la réconciliation avec soi-même et la cohésion culturelle sont de « grands bénéfices » qui rendent l'être humain plus fort et plus productif. En revanche, l'utilitarisme superficiel est le regard du « consommateur », non celui du « créateur ». Le consommateur demande : « Qu'est-ce que j'y gagne maintenant ? », tandis que le créateur demande : « Qui suis-je pour savoir comment affronter le monde ? ».
Lorsque nous abandonnons notre identité sous prétexte d'inutilité, nous déclarons notre reddition à la normalisation mondiale. Nous devenons de simples consommateurs sur un marché global : nous portons ce qu'ils portent, nous parlons comme ils parlent, mais nous n'apportons rien à la civilisation car nous ne possédons tout simplement pas de « moi » distinct comme point de départ. Un « moi » capable de poser les questions les plus profondes, telle que la question de l'identité.
L'appartenance et le lien : Elle nous donne un sentiment de connexion à un groupe, ce qui procure un soutien psychologique et social, nous sortant de l'isolement de l'individualisme absolu.
La distinction et la singularité : C'est ce qui rend l'individu unique. Sans cette distinction, nous nous transformons en de simples « copies » répétées au sein d'un troupeau.
La stabilité psychologique : Elle nous donne un sentiment de permanence ; malgré le changement de nos corps et de nos circonstances, il reste un « noyau » intérieur qui nous fait sentir que nous sommes la même personne qu'hier.
L'aliénation : L'individu sans identité se sent étranger à lui-même et à sa société, comme s'il vivait dans un monde qui ne lui appartient pas.
La liquidité et l'égarement : En l'absence d'identité, l'homme devient vulnérable à la dépendance absolue et à l'imitation aveugle. Selon le philosophe Zygmunt Bauman, l'absence d'identité fixe dans la « modernité liquide » rend l'individu anxieux et incapable de bâtir des liens durables.
La perte de la boussole morale : C'est l'identité qui nous dicte ce qui est « juste » ou « mal » selon nos valeurs. Sans elle, l'individu perd ses critères moraux et ses comportements ne sont plus dictés que par les instincts ou les pressions extérieures.
Le nihilisme : L'homme peut finir par ressentir que sa vie n'a aucune valeur, tant qu'il ne possède ni définition de lui-même, ni rôle à jouer dans l'existence.
Sans identité, nous ne sommes que des chiffres dans une statistique ou des outils entre les mains d'un système global. C'est la conscience qui lie votre passé à votre présent et à votre futur. Sans ce lien (l'identité), le temps s'émiette pour l'homme ; il vit des instants séparés et dénués de sens, ce qui le dépouille de son « humanité » pour le transformer en un pur être biologique : une chose.
En bref, l'identité est ce qui nous donne le « droit de dire : Je ». Sans ce « Je », nous passons du statut de « personnes » dotées d'une dignité et d'une valeur intrinsèque à celui de « choses » interchangeables ou manipulables, d'autant plus que nous vivons aujourd'hui une modernité qui pousse à la réification de l'être humain.
Idles Amazigh


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